Cinquantenaire de la photo de la « petite fille brûlée au napalm »

A la veille du 8 juin 2022, journée anniversaire de cette photo qui a fait le tour du monde, je ne résiste pas à publier une nouvelle fois un extrait de l’interview de Kim Phuc, que j’avais réalisée en novembre 2019 pour le journal Présence du Groupe Bayard. La photo avait été prise par l’américain Nick Ut le 8 juin 1972 lors de la guerre du Vietnam. Depuis, la petite fille vécu un vrai parcours de résilience, grâce à ses proches et à une conversion religieuse. Elle est même devenue ambassadrice de paix de l’Unesco. A l’occasion de la sortie de son autobiographie Sauvée de l’enfer en 2019, je l’ai rencontrée à l’Unesco à Paris.

Kim à l’Unesco

« Après la guerre,  je soufrais beaucoup à la suite de mes 17 opérations. J’avais énormément de questions. Je recherchais la paix à travers ma famille et mes amis. Mais j’avais l’impression que personne ne pouvait m’aider. A 19 ans, en 1982, je suis allée à la bibliothèque de ma ville où j’ai découvert le nouveau testament. Ce fut le début d’un parcours de conversion. Mais si mon esprit s’était libéré, mon corps ne l’était pas. Je ne pouvais pas faire au Vietnam ce que je voulais. Le gouvernement me contrôlait beaucoup. Une fois arrivée au Canada, avec mon mari, nous avons pu fonder une famille. Depuis, je ne suis retournée que trois fois au Vietnam ; ma famille me manque beaucoup.

KIm et son mari

Comment ce chemin de foi vous-a-t-il aidée à pardonner ?

Dès ma conversion, je savais que la prochaine étape était de faire face à la haine qui remplissait mon coeur, faire face à tous ceux qui étaient à l’origine de mes douleurs. J’ai commencé à prier. J’ai alors suivi différentes étapes. D’abord, j’ai cessé de me demander pourquoi. Puis j’ai fait confiance dans les paroles de Jésus. Enfin, j’ai souhaité devenir une personne positive, en chassant les émotions négatives. La liste de mes ennemis est devenue ma liste de prières : j’ai prié pour qu’ils deviennent bons. Depuis, je suis pleine de gratitude à l’égard de Dieu. Et j’ai pu revoir le militaire américain qui avait coordonnée l’attaque au-dessus de mon village. Ce fut une vraie réconciliation. 

Quelles sont aujourd’hui vos missions ?

Avec la Fondation Kim Internationale, nous aidons les enfants victimes de la guerre via la construction d’écoles, de bibliothèques, d’hôpitaux. Comme ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco, je promeus la paix dans le monde. La semaine dernière, j’étais encore en Corée du Sud, sur la zone démilitarisée pour inciter les coréens des deux pays à travailler pour la paix.

Etes-vous toujours en contact avec le photographe Nick Ut qui a pris le cliché ?

Oui bien sur. Juste après la photo, c’est lui qui m’a amené à l’hôpital. Et depuis, il m’aide beaucoup au sein de la fondation. C’est l’oncle Ut ! »


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