Le démantèlement du camp de Calais : un Sangatte bis

Forte présence de la presse étrangère sur le camps de Calais, en vue de son démantelement
Forte présence de la presse étrangère (journalistes allemands) sur le camp de Calais, en vue de son démantèlement

A priori, le démantèlement est pressenti pour le 24 octobre 2016. Les exilés seront orientés dans les différents CAO, Centre d’Accueil et d’orientation, qui sont dispersés un peu partout sur le territoire.

 

Du coup, c’était l’effervescence dans la jungle cette semaine. Avec le démantèlement à venir, des journalistes venus de toute l’Europe filment peut-être les dernières images de ce camps, recueillent les derniers témoignages parmi les 7000 réfugiés, essentiellement des soudanais et des afghans. Mais les associations restent inquiètent. Gaël, coordinateur chez Utopia 56 rencontré dans le camp, regrette le manque de concertation avec l’Etat pour préparer ce démantèlement.  Le monde associatif est dans le flou quant à l’organisation du départ des migrants, sur comment seront gérés les ethnies, les familles, les mineurs et les femmes isolées au sein des CAO. Selon Gaël,

« on aimerait organiser une vigilance citoyenne à l’intérieur des CAO. Ce manque d’information a eu comme conséquence qu’un certain nombre de migrants sont déjà partis. Il y a une tension actuellement au sein du camp car beaucoup veulent quand même passer en UK. « 

Entrée de la jungle de Calais
Entrée de la jungle de Calais, sous surveillance policière, ce qui n’empêche pas les tensions (bagarres, viols …)

 

A l’extérieur de la jungle, d’autres associations oeuvrent au service des migrants. C’est le cas du Secours Catholique installé dans le centre de Calais qui apporte notamment une aide juridique avec l’aide d’élèves-avocats de Lille. Jacky Verhaegen, salarié du Secours Catholique, en charge de l’accompagnement des demandeurs d’asiles, nous explique que même après le camp , les besoins seront toujours importants :

« On se doute que très rapidement, les demandeurs d’asile qui ne trouveront pas d’accompagnement juridique satisfaisant au sein des CAO et ceux qui veulent passer en UK, reviendront dans le Calaisis.  C’est comme lors de la fermeture du camp de Sangatte, quelques heures après, on retrouvait une trentaine de migrants dans le Calaisis.« 

40 km plus loin, le camps de la Linière, à Grande Synthe, construit par le maire Damien Carême avec ses cabanons en bois. Là, ce n’est pas la même ambiance. Seuls 830 irakiens-kurdes y vivent, alors que ce camp peut accueillir 1500 personnes. A La Cimade, installée à l’extérieur du camps, Magali de Lambert, coordinatrice de l’acces au droit, regrette que ce camp ne soit plus accessible alors que des familles de réfugiés arrivent tous les jours, parfois avec de jeunes enfants et des bébés :

« Avec l’annonce du démantèlement à venir à Calais, l’administration bloque l’accès au camp de La Linière alors qu’il est à moitié vide.« 

Auberge des migrants, à l'exterieur du camps, qui prépare les repas pour les exilés.
Auberge des migrants, à l’exterieur du camp de Calais, qui prépare les repas pour les exilés.

Malgré les tensions et la crainte du démantèlement, les camps continuent à vivre. Les bénévoles venus de toute l’Europe nourrissent chaque jour les exilés, leur apportent du bois pour se chauffer, des vêtements et poursuivent leur soutien juridique.

Auberge des migrants
Auberge des migrants

 

Stocks de vêtements en cours de tri à l'Auberge des migrants
Stocks de vêtements en cours de tri à l’Auberge des migrants

Reportage réalisé le 17/10/16

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