La déforestation, à l’origine d’une accélération des virus ?

Champs de palmiers à huile, à l’origine de nombreuses déforestations

C’est la thèse défendue par de nombreux chercheurs et qui fait l’objet d’un excellent article dans Courrier International du 26 mars au 1er avril 2020, Les épidémies couvent sous les cendres des forêts du journal argentin Anfibia de Marina Aizen.

Les dernières statistiques montre une accélération, depuis 1940, du paludisme et de nouveaux virus. Selon une étude publiée en 2010 dans la revue scientifique Emerging Infectious Diseases, la destruction de 4% de la forêt a généré 50% de cas de paludisme supplémentaires. Et depuis dix ans, les scientifiques étudient le lien entre déforestation, changement d’affectation des terres et explosion des maladies virales.Les zoonoses (maladies transmissibles de l’animal à l’homme) ont toujours existé. Mais selon Carlos Zambrana-Torrelio, chercheur bolivien et vice-président d’EcoHealth Alliance, le déboisement de la forêt tropicale pousse par exemple plusieurs espèces de chauve-souris –  qui habituellement ne se croisent pas – à se rassembler et à se rapprocher des animaux domestiques et donc de l’homme. Un véritable bouillon de culture qui favorise le développement et la transmission de virus. Les chauve-souris sont en effet soupçonnées d’être l’un des réservoirs du virus Ebola, du Sras et maintenant du Covid-19.

Loin d’en vouloir aux chauve-souris, ces chercheurs montrent l’impact d’une destruction massive des écosystèmes, générant « des ponts épidémiologiques de l’animal sauvage à l’animal d’élevage à l’homme » comme le souligne Serge Morand, écologue de la santé et chercheur au CNRS-Cirad en Thailand, dans un article du Monde sur cette même thématique de ce mardi 7 avril « Coronavirus : la dégradation de la biodiversité en question » de Perrine Mouterde. Pour le quotidien, une prochaine pandémie  est d’ailleurs inévitable et le Green Deal proposé par l’Union Européenne pour accélérer la transition écologique est une chance. Selon Serge Morand, il faut développer une science qui s’intéresse aux causes profondes de ces pandémies, dissociée de celle qui innove pour trouver des vaccins. Et de rappeler qu’aucun vaccin n’a été encore trouvé contre le Sras, le Sida ou Zika.

 

 


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